• Mathieu Marchand

"On peux-tu aller voir mamie avant de retourner à l'école?"

C'est mon gamin de 6 ans qui m'a posé cette question pleine de sagesse. Pourtant, aucun signe d'ouverture de la part du gouvernement ni de la santé publique.


Pensons-y. À quel moment la majorité d'entre nous, confinés à la maison depuis la mi-mars, aurons-nous le moins de chances d'être porteur du coronavirus en 2020? MAINTENANT!


Dans deux semaines, les contacts se multiplieront. Chaque jour passé au bureau, chaque aller-retour à l'école sera marqué d'une probabilité de rencontrer quelqu'un, quelque part, porteur du virus.


Dans deux semaines, quand les enfants retourneront dans l'accélérateur de particules virales qui s'appelle une école, il sera trop tard. Ils seront à risque. Mamie et papi resteront isolés.


Si vous voulez savoir, à continuer de même, je pense que mamie va s'ouvrir les veines avant l'arrivée d'un vaccin.


"Le virus ne passe pas à travers les murs."


C'est ce qu'on nous a expliqué pour nous convaincre de tout abandonner de notre vie d'avant et de nous isoler à la maison. Ça fait 45 jours de cela.


À part si je l'ai pogné au Maxi jeudi dernier, je suis safe. Mes enfants n'ont vu personne, ils sont safes.


Mes parents sont tout aussi cloîtrés dans leur maison. Ils sont safes.


Ou à tout le moins la probabilité tourne autour de 0,00001%.


J'ose espérer que nous n'aurons plus à vivre de tel confinement et que nous serons capables de combattre le coronavirus par tous les autres moyens (dépistage de masse, quarantaine des malades, port du masque par tous, etc.).


Ça veut aussi dire que nous ne serons plus jamais aussi safes qu'aujourd'hui!


La vraie équation c'est: la dangerosité du virus X la probabilité de l'avoir.


Dans tout le débat de la dernière semaine, je reproche aux médecins (pratiquement tous ceux qui s'expriment sur Twitter du moins) de ne voir qu'une seule variable de l'équation: la dangerosité du virus. Tous les signes (pas encore des preuves) scientifiques sont à l'effet que la Covid-19 n'est pas mortelle chez les enfants. Pas plus que la grippe. Il n'y a statistiquement aucune mortalité anormale dans le monde chez les 0-9 ans jusqu'à maintenant. Même moi je suis d'accord.


Et donc, nous devrions tous envoyer nos enfants à l'école pour les immuniser. Là, je ne suis plus d'accord.


Mon contre-argument, rarement écouté, était au sujet de la probabilité de contracter le virus dans une école. À quelle vitesse il se propage dans une école? (J'estime une vitesse semblable à un CHSLD).


On oublie aussi que s'il y a peu de morts infantiles face à la Covid, c'est parce que partout dans le monde, la première chose qui a été faite a été de fermer les écoles. L'échantillon d'enfants infectés est plus petit que les adultes qui ont continué à risquer leur vie pendant la crise. Le retour à l'école changera tout cela. L'école est un accélérateur à virus. Tous les parents de jeunes enfants le savent, nul besoin de lire des articles scientifiques.


Donc la probabilité d'avoir le virus est aussi importante que sa dangerosité. La probabilité au jour 1 du retour à l'école sera pratiquement nulle: nous sortons tous du confinement. Au jour 2, elle augmentera de 0,0002%: une maman est infirmière, un papa est préposé, un parent quelque part rapportera le virus à la maison et le donnera à son enfant. Plus les jours passeront, plus la probabilité augmentera.


La probabilité d'avoir le coronavirus est à son plus faible aujourd'hui.


Si la dangerosité que le virus tue mamie est de 20%. Et que la probabilité que fiston aie le virus est proche de 0%. La probabilité que fiston tue mamie est proche de 0%. Pour aujourd'hui seulement.


Si on a des permissions spéciales à avoir, comme dans l'armée, pour redonner du courage à la population avant la 2e période, ce serait maintenant!


Le petit groupe de confiance


Il y a un concept qu'on a mis en place à la maison. Papa sort. Papa va faire les courses, papa va au bureau de poste, papa va mettre de gaz dans le char (heille, j'ai pas fait ça depuis le 6 mars!). Papa se lave les mains, place son manteau et ses bottes de sortie en quarantaine dans un endroit chaud et sec et surveille sa projection de gouttelettes.


En théorie, seul papa est à risque. Si malencontreusement la dernière aventure de papa au IGA lui a été fatale, au pire le virus se répandra dans la maison, mais n'ira pas plus loin.


Étendons le concept. Élargissons le groupe à la famille (grand-parents, oncles, tantes, cousins-cousines). Ou aux ami(e)s. Si nous restons entre-nous, et que quelqu'un pogne le virus, il pourra se répandre dans le petit groupe. Mais si ce groupe évite les contacts avec les gens hors de ce groupe, la propagation s'arrêtera là. Les dommages pour la société seront limités.


C'est un peu mon idée. Nous devrions autoriser les gens à se former des petits groupes de confiance. Des amis ou des membres de la famille que vous savez fiables. (Vous pouvez dire à votre ami Bob le crotté qu'on se reverra en 2022, aucune gêne à avoir). Des gens que vous savez qu'ils ne vous cacheront pas des symptômes. Qui vont vous le dire s'ils ont rencontré quelqu'un de pas safe au travail. Et de limiter les contacts avec les gens hors de ce groupe.


En tant que parent, je constituerais mon groupe seulement d'amis qui ont également des enfants, idéalement à la même école si c'est possible. Ainsi nous sommes tous également à risque, et si propagation il y a, elle sera limitée à notre groupe. De plus, un parent qui sent des symptômes pourrait avertir les autres: un processus qui sera infiniment plus rapide que ce que la bureaucratie de l'école ou de la commission scolaire sera en mesure de faire!


Anyway c'est ma proposition pour aujourd'hui.



D'ici là, prenez-soins de vous.


Mathieu Marchand

Le Vulgaire Économiste


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